En limousin au XVIIIème siècle

UNIVERSITÉ DE LIMOGES

FACULTÉ DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES

Centre de Recherches Historiques de l’Université de Limoges (E.A. 3840)

THÈSE

Pour l’obtention du grade de Docteur de l’Université de Limoges

Discipline : HISTOIRE

Présentée et soutenue publiquement par

Jean Pierre DELHOUME

le 21 décembre 2007

UNE SPÉCIALISATION

EN PAYS DE PETITE CULTURE :

LÉLEVAGE BOVIN EN LIMOUSIN AU XVIIIe SIÈCLE 

 

 

 

 

 

Un élément révélateur de la pratique de l’engraissement des boeufs dans une exploitation

complète est le mouvement mensuel de ces animaux en cours d’année, lequel se déduit du

livre de comptes de celle-ci.

 Dans le domaine de Chez Grenard , 74% des boeufs sont

vendus en décembre et en janvier et 80% si on y ajoute le mois de novembre. Ces

ventes de boeufs durant ces trois mois ne peuvent être que celles d’animaux gras pour trois

raisons :

- les mois de novembre, décembre et janvier correspondent à une partie de la période

durant laquelle le Limousin commercialise ses boeufs gras sur les marchés parisiens .

- le prix des animaux vendus durant ces trois mois est toujours plus élevé que celui des

boeufs qui sont achetés d’avril à octobre, lesquels sont des animaux jeunes et « maigres » dont

le prix est moins cher que des bêtes engraissées et donc prêtes à être commercialisées pour la

boucherie.

- ces ventes de fin et de début d’année sont effectuées

dans diverses foires de la région

dont certaines, comme celles de Lussac-les-Eglises, sont qualifiées de « foires grasses »

 

Le livre de comptes de Chez Grenard révèle que sur les quarante-neuf années

concernées (1725-1773), il y a des ventes de boeufs de novembre à janvier - qui sont donc des

animaux gras - pour trente-six de ces années. C’est-à-dire que l’on engraisse des boeufs dans

ce domaine trois années sur quatre en moyenne pour l’ensemble de la période considérée. Les

animaux gras - pour trente-six de ces années. C’est-à-dire que l’on engraisse des boeufs dans

ce domaine trois années sur quatre en moyenne pour l’ensemble de la période considérée. Les années où il n’y pas engraissement de boeufs correspondent à des années de crise de

subsistances, comme en 1738, 1769 et 1770, ou bien à des périodes où le fourrage et les raves

étant trop peu abondants pour des boeufs, on se contente d’engraisser une vache.

La majorité des achats de boeufs de Chez Grenard, soit 80% du nombre total de ceux-ci,

s’effectue de mai à septembre, c’est-à-dire durant une période où l’on peut nourrir facilement

les animaux avec de l’herbe au lieu de foin si l’achat avait été effectué plus tôt. Il s’agit de

jeunes boeufs destinés à remplacer ceux qui sont parvenus en fin de leur période d’utilisation

agricole, lesquels sont alors mis à l’engraissement. Ces achats se font en prévision des travaux

de labour qui débutent vers la fin de septembre. Selon les

Selon les années, quelques achats sont

effectués en septembre et octobre et une annotation du livre de comptes précise parfois qu’il

s’agit alors « de boeufs pour engraisser » . Il n’y a pas d’achats en hiver afin d’éviter de

nourrir des animaux « inutiles » durant cette période.

Les vaches font l’objet de beaucoup moins de transactions que les boeufs dans ce même

domaine de Chez Grenard. Les trois quarts des ventes de celles-ci sont effectués de novembre

à janvier. Il s’agit de bêtes âgées qui sont engraissées avant d’être commercialisées.

Quant aux achats de vaches, ils sont très peu nombreux, sept seulement sur l’ensemble de la

période considéréannées où il n’y pas engraissement de boeufs correspondent à des années de crise de

subsistances, comme en 1738, 1769 et 1770, ou bien à des périodes où le fourrage et les raves

étant trop peu abondants pour des boeufs, on se contente d’engraisser une vache .

La majorité des achats de boeufs de Chez Grenard, soit 80% du nombre total de ceux-ci,

s’effectue de mai à septembre, c’est-à-dire durant une période où l’on peut nourrir facilement

les animaux avec de l’herbe au lieu de foin si l’achat avait été effectué plus tôt. Il s’agit de

jeunes boeufs destinés à remplacer ceux qui sont parvenus en fin de leur période d’utilisation

agricole, lesquels sont alors mis à l’engraissement. Ces achats se font en prévision des travaux

de labour qui débutent vers la fin de septembre. Selon les années, quelques achats sont

effectués en septembre et octobre et une annotation du livre de comptes précise parfois qu’il

s’agit alors « de boeufs pour engraisser » . Il n’y a pas d’achats en hiver afin d’éviter de

nourrir des animaux « inutiles » durant cette période.

Les vaches font l’objet de beaucoup moins de transactions que les boeufs dans ce même

domaine de Chez Grenard. Les trois quarts des ventes de celles-ci sont effectués de novembre

à janvier . Il s’agit de bêtes âgées qui sont engraissées avant d’être commercialisées.

Quant aux achats de vaches, ils sont très peu nombreux, sept seulement sur l’ensemble de la

période

. À Basse-Roche, 74% des ventes de ces animaux s’effectuent de novembre à janvier.

À Puymarchoux, cette proportion est de 92%, à Saint-Priest-le-Betoux de 87%

 et à la Mothe

de 82%.

Il n’y a qu’à La Dodinerie où les ventes de boeufs de fin et de début d’année sont

moins importantes puisqu’elle ne représentent que 57% du nombre total d’animaux vendus.

Dans tous ces domaines, les vaches sont elles aussi vendues très majoritairement en fin et en

début d’année, comme Chez Grenard

 

Tableau 11.5 - Nombre de boeufs engraissés chaque année dans

chacun de six domaines appartenant à l’hôpital de Magnac-Laval

 

Basse Roche (1726 à 1773) 8 14 8 2 32 sur 48 (67%)

Chez Grenard (1725 à 1773) 9 15 7 5 36 sur 49 (73%)

La Dodinerie (1729 à 1773) 10 18 3 1 32 sur 45 (71%)

La Mothe (1737 à 1773, sauf 2 années) 6 12 4 7 28 sur 35 (80%)

Puymarchoux (1717 à 1773) 9 22 10 3 44 sur 57 (77%)

St-Priest-le-Betoux (1718 à 1773, sauf 5 années) 5 24 6 7 42 sur 51 (82%)

 

de fin et de début d’année sont

moins importantes puisqu’elle ne représentent que 57% du nombre total d’animaux vendus.

Dans tous ces domaines, les vaches sont elles aussi vendues très majoritairement en fin et en

début d’année, comme Chez Grenard

 

Dans chaque exploitation, on engraisse

annuellement au minimum deux boeufs pour la majorité des années où cette activité est

pratiquée

. À Basse Roche par exemple, entre deux et quatre

bêtes sont engraissées chaque année pour 24 des 32 années où il y a engraissement.

Lorsque les « éleveurs-engraisseurs » estiment que leurs bovins sont suffisamment gras,

ils les présentent eux-mêmes dans les foires de la province pour les vendre.

 

 

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